D) Les Mafias Asiatiques :

D) Les Mafias Asiatiques :

 

a)Les Yakusa :

Les yakusa sont représentés par quatre principaux syndicats, présents sur tout l'archipel, et possèdent également des ramifications dans la zone Pacifique, et même en Allemagne et aux États-Unis. Ils seraient plus de 84 700. Dans la terminologie légale japonaise, les organisations de yakusa sont appelées Bōryokudan, littéralement « groupe violent ».

 

Bien que l’origine des organisations remonte probablement au XVe siècle, l’origine du mot « yakusa » est plus récente. Elle est tirée d'une combinaison perdante du jeu de cartes japonais appelé Oicho-Kabu, proche du Baccara, qui est traditionnellement joué avec des cartes de kabufuda et de Hanafuda [][]. À la fin d'une partie, les valeurs des cartes sont additionnées et l'unité de la somme représente le score du joueur. Le but du jeu est de s'approcher le plus de 19.

            -« ya » vient de yattsu, qui signifie huit.

            -« ku » veut dire neuf.

            -« za » est sans doute une déformation de « san » qui veut dire trois.

 

Ya-Ku-Sa est une somme de 8-9-3[], soit 20 (donc le score est de 0) qui est une main perdante. Ce nom signifie donc « perdants ». Les Yakusa sont à l'origine issus des plus pauvres, des exclus de la société.

 

Une autre origine est parfois évoquée : Les policiers devaient entrer parfois dans des temples pour y débusquer des joueurs, mais non sans hésitation, car les sanctuaires shintoïstes sont sacrés. Sur une chaise, à l’entrée, un guetteur guettait. Le « rôle » (« yaku ») de la chaise (« za ») était donc d'être un rempart entre police et joueurs.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Entre 1958 et 1963, les yakusa accroissent leurs effectifs de 150% pour atteindre à leur apogée, un total d’environ 184 000 yakusa, répartis dans 126 gangs []. L’organisation compte alors plus de membres que l’armée japonaise elle-même. Des clans se forment et des guerres éclatent pour le partage de territoire.

 

Les yakusa ont une structure semblable à celle de la mafia sicilienne, organisée en familles[]. Ils ont adopté la structure hiérarchique traditionnelle de la société japonaise, pyramidale, mais aussi familiale, bien que les membres ne soient pas liés par le sang[]. Chaque « famille » possède un patriarche, l’Oyabun (« le parent, le chef »), l'équivalent du parrain, aussi appelé Kumichō (« le chef de clan »). Ce titre se transmet de père en fils, comme une sorte de droit féodal, ou à une personne en qui l'Oyabun a une complète confiance. Quand le chef du Yamaguchi-gumi a été abattu vers la fin des années 1990, son épouse lui a succédé pendant une courte période.

 

 

 

 

 

 

Pour être admis dans un clan, il faut faire ses preuves, la nationalité n'ayant aucune importance, il faut prouver son attachement aux traditions et à la famille.

 

Les yakusa suivent le gokudō[],( la voie extrême). Mais ils ont également un certain "code d'honneur". En effet, l’intégration de Rônins au XVe siècle leur a apporté un certain nombres de règles, à l’image du Bushidô chez les Samouraïs. Cette ligne de conduite, le Ninkyôdô (la voie chevaleresque), contient 9 règles :

         

               1. Tu n'offenseras pas les bons citoyens.

               2. Tu ne prendras pas la femme du voisin .

               3. Tu ne voleras pas l'organisation .

               4. Tu ne te drogueras pas .

               5. Tu devras obéissance et respect à ton supérieur .

               6. Tu accepteras de mourir pour le père ou de faire de la prison                

pour lui .

               7. Tu ne devras parler du groupe à quiconque .

               8. En prison tu ne diras rien .

               9. Il n'est pas permis de tuer un katagari (personne ne faisant pas partie de la pègre).

 

La règle 9 n'est pas souvent appliquée, et peu de clans suivent encore cette éthique, et les traditions en général.

 

 

Comme dans la plupart des organisations de la pègre, les yakusa ont mis au point une cérémonie d'admission des nouvelles recrues [].

 

Si le yakusa commet une faute très grave, il peut aussi être exclus du clan, en recevant une lettre d'exclusion. Elle l'empêche d'intégrer une autre famille en l'informant de sa disgrâce. Écrite en noir, elle symbolise une exclusion temporaire, en rouge, c'est une exclusion définitive.

 

 

Il y a deux sortes de yakusa: 41 500 travaillent à plein temps, tandis que 43 200 ont des activités annexes[]. Leur nombre a beaucoup baissé suite à une loi antigang votée en 1992 par le gouvernement japonais, afin de faire disparaître les syndicats du crime. Ils restent pourtant la plus grande organisation de crimes organisés du monde, selon le Livre Guinness des records. Leur effectifs sont concentrés dans 4 familles principales :

 

 

 

 

Familles

Description

Leur «symboles»

 

 

 

Yamaguchi-gumi

Créée en 1915, c'est la plus grande famille yakusa, avec plus de 21 000 membres[], répartis dans 750 clans, soit 45% de l'effectif total. En dépit de plus d'une décennie de répression policière, le poids de cette famille n'a cessé de croître. Le Yamaguchi-gumi a son quartier général à Kobe, mais il est actif à travers tout le Japon, et mène également des opérations en Asie et aux États-Unis. Son oyabun actuel, Shinobu Tsukasa (de son vrai nom, Kenichi Shinoda), mène une politique expansionniste, il a fait de nombreuses incursions à Tokyo, qui ne fait pourtant pas partie traditionnellement des territoires du Yamaguchi-gumi.

 

 

 

 

 

Sumiyoshi-rengo

C'est la seconde organisation la plus importante, avec 8 000 membres[] répartis dans 177 clans. Le Sumiyoshi-kai, comme on l'appelle parfois, est une confédération de plus petits groupes. Son chef est Hareaki Fukuda. Structurellement, le Sumiyoshi-kai diffère de son rival principal, le Yamaguchi-gumi. Il fonctionne comme une fédération, avec une chaîne de la commande plus lâche et bien que Nishiguchi soit toujours le parrain suprême, il partage ses pouvoirs avec plusieurs autres personnes.

 

 

 

 

 

Inagawa-kaï

C'est le troisième plus grand groupe yakusa au Japon, avec approximativement 5 000 membres[] et 313 clans. Il est basé dans la région de Tokyo-Yokohama, et c'est l'un des premiers organismes de yakusa à s'être lancé dans le marché hors du Japon. Depuis 2005, le petit fils de Kakuji Inagawa, Hideki Inagawa est pressentit pour devenir le chef.

 

 

 

 

 

Tao Yuai Jigyo Kummiai

Fondé par Hisayuki Machii (Machii Hisayuki, 1923 - 2002) en 1948, ce rengo est rapidement devenu un des plus influents de Tokyo. Il compterait 6 clans et plus de 1 000 membres, sa particularité étant d'être composé d'une majorité de yakusa d'origine coréenne. Son chef actuel est Satoru

 

 

 

 

 

 

 

b)Les Triades :

 

Histoire : Lointaines héritières des sociétés secrètes de la fin du XVIIe siècle, les triades chinoises forment aujourd’hui une mafia puissante qui n'a plus aucun rapport avec la Triade originelle. La Triade originelle était une société secrète née en opposition à la dynastie mandchoue des Qing à la fin du XVIIe siècle. Ses fondateurs auraient été des moines du monastère de Shaolin, où le kung-fu a été inventé et enseigné. Société patriote, elle voulait restaurer l’ancienne dynastie Ming. Pour ce faire, elle a soutenu pendant des siècles de nombreuses révoltes contre les usurpateurs mandchous. Ses membres possédaient un langage codé, des signes de reconnaissance et pratiquaient des disciplines de combat tenues secrètes. Mais, dès milieu du XIXe siècle, certains de ses membres avaient rompu avec l’idéal des origines et pratiquaient une violence gratuite au service de leurs seuls intérêts. Des loges de la Triade originelle sont ainsi devenues des gangs de voleurs et d’assassins. En 1949, les communistes les déclarent hors-la-loi. Elles fuient alors la Chine populaire pour s’installer à Hong Kong, Macao ou Taiwan. Dès lors, ces sociétés ne sont plus qu’un pâle reflet de leur glorieux passé. Toute leur activité se centre alors autour du crime organisé.

Organisation :Les groupements mafieux se divisent en trois niveaux. Au sommet trône un chef, la « tête de dragon ». Il donne les grandes orientations à son groupe. Peu de membres connaissent sa véritable identité. Sous ses ordres, il y a plusieurs responsables. Ils ont conservé les noms traditionnels des officiers de loge :

a.     -L’« Éventail de papier blanc » s’occupe des finances.

b.    -La « Sandale de paille » est délégué aux affaires extérieures du groupe.

c.      -Le « Maître des encens » a la tâche de recruter les membres.

d.    -Le « Bâton rouge », spécialiste en arts martiaux, se charge du respect de la loi interne.

Enfin, les membres les plus nombreux sont les « soldats » qui constituent le bras armé de l’organisation. À chaque fonction correspond un code chiffré que l’initié exprime par un simple geste : 489 pour une « tête de dragon », 432 pour une « sandale de paille », ou 49 pour les « soldats ».

L’intronisation d’un nouveau membre répond à une cérémonie particulière : on décapite un coq dont le sang est mélangé à un breuvage alcoolisé. Le futur nouveau membre jure alors de rester fidèle à la société. Puis, il s’entaille un doigt et verse quelques gouttes de son sang dans la décoction préparée. Tous les membres présents trempent leurs lèvres dans la coupe afin de sceller sa promesse.

Les triades sont indépendantes les unes des autres. À ce jour, on dénombre six grandes triades chinoises :

              -Sun Yee On[], Hong Kong, née en 1919 à Canton, la plus importante des triades avec 50 000 membres répartis aux États-Unis, en Australie, à Macao, en Thaïlande, au Vietnam, au Canada, en République dominicaine, en France[], au Benelux[], en Allemagne[], en Espagne[], en République Tchèque[] et en Russie

              -la Fédération Wo[], Hong Kong née en 1908, 28 000 membres répartis au Canada, en Chine populaire et aux États-Unis 

              -14 K, Hong Kong, née en 1947 à Canton pour soutenir le Guomindang[], 10 000 membres répartis en Chine populaire, à Macao, en Australie, au Canada, aux États-Unis, dans plusieurs pays de l'Union européenne[], en Russie, à Taiwan, aux Philippines et au Japon 

              -le Bambou uni, né en 1956, 10 000 à 20 000 membres répartis au Canada, au Japon et aux États-Unis

              -la bande des Quatre Mers, Taiwan, 2000 à 5000 membres, seconde triade de l'île. peu présente à l'étranger sauf en Autriche[

              -le Grand Cercle, fondée et basée en Chine populaire à la fin des années 1960 par d'anciens gardes rouges[], présent en Russie, aux États-Unis et aux Philippines.

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