B)Les mafias italiennes :

B)Les mafias italiennes :

 

a)Cosa nostra : Durant toute la guerre froide, la mafia entretient des liens avec les partis politiques italiens, notamment la Démocratie chrétienne qui gouverne quasiment sans interruption le pays jusqu'aux années 1980. Une Commission Anti-Mafia est mise en place en mai 1982 pour mettre un terme aux violences commises lors de la Seconde guerre de la mafia (plus d'un millier d'homicides entre 1981 et 1983). Alors que la mafia en Sicile représente un électorat important. Par une technique rôdée, elle force la population à voter pour certains partis et certaines personnes. Les politiciens, en échange de cette faveur, garantissent la protection de la mafia et de son commerce une fois au pouvoir. C’est ainsi que des pro-mafias, ou des mafieux même, accèdent à des rangs tels que celui de maire, préfet ou conseiller municipal. C’est surtout lorsqu’elle a affaire aux tribunaux que la mafia réclame son soutien aux hommes politiques. Aucune préférence en général n’est remarquée chez les mafieux en matière de partis excepté un anticommunisme fervent. Les entrepreneurs, les fonctionnaires, les membres de professions libérales et les ecclésiastiques sont dispensés d'assassinat. Les politiques de lutte contre cette organisation criminelle se heurtent à l’adaptabilité de ces structures souples et décentralisées, capables de délocaliser leurs activités et de diversifier leurs flux financiers sans limites dans le monde entier. Entreprendre des enquêtes transnationales et remonter les multiples filières devient alors un casse-tête pour les juges, d’autant plus que certains pays comme les paradis fiscaux ne font rien pour leur faciliter la tâche. C’est principalement dans cette optique que Interpol a été créée, elle permet de centraliser les informations pour faciliter la coopération internationale.

 

 

b)Camorra : Très décentralisée, la Camorra est restée longtemps à l’écart des grands marchés internationaux criminels. Dans son livre Gomorra, Roberto Saviano a évoqué l’internationalisation de la Camorra en Espagne, en France et en Allemagne.

Espagne

Dans une interview au quotidien espagnol El Pais, Roberto Saviano[] explique que Nuvoletta, Michele Zaza et d’autres membres de la Camorra recyclent massivement leurs gains illicites dans l’industrie touristique andalouse, acquérant hôtels, restaurants et night-clubs.

La Camorra aurait également pris le contrôle des importations en Europe de cocaïne colombienne par des filières installées à Madrid et Barcelone. Selon lui[], l’Espagne serait « envahie par l'argent de la Camorra », mais « la classe politique locale n'en aurait pas encore pris conscience ».

France

Michele Zaza a eu d’importantes activités dans le trafic de cigarettes autour du port de Marseille. Au cours de son arrestation du 15 mars 1990, des soupçons de trafic de cocaïne pèsent également sur lui

 

La Camorra a menacé de mort plusieurs juges, policiers ou journalistes tels que Roberto Saviano, auteur du livre Gomorra[

Dans les années 1970, Raffaele Cutolo a fondé la Nuova Camorra Organizzata (NCO). Ses opposants ont fondé la Nuova Famiglia et la guerre entre les deux organisations fit 264 morts pour la seule année 1982.

Dix ans après, Carmine Alfieri tenta d’organiser la Camorra au niveau de la Campanie. Cette nouvelle guerre totale fit 708 morts de 1989 à 1991, dont plus de 500 à Naples même.

 

 

c)Internationalisation de la Ndrangheta : Allemagne :En Allemagne, le BND, principal service de renseignement, a lancé en 2006, un avertissement sévère, relayé par le Berliner Zeitung. La 'Ndrangheta calabraise serait à leurs yeux l'organisation criminelle « la plus dangereuse d'Europe ». Elle blanchirait l'argent du trafic de stupéfiants en achetant couramment hôtels et restaurants en Thuringe, en Saxe et sur les rives de la Baltique. Elle aurait également passé des ordres portant sur 9 millions d'euros à la Bourse de Francfort, surtout dans les titres énergétiques, E.ON AG et Siemens en particulier. Dans la nuit du 15 août 2007, la violence de la 'Ndrangheta calabraise touche pour la première fois l'Allemagne. Six italiens âgés de 16 à 39 ans sont abattus à proximité de la gare principale de Duisburg. Les victimes appartenaient toutes à la famille Pelle-Romeo, qui se livre à une véritable vendetta avec la famille Strangio-Nirta depuis 1991. Cette « guerre », dont l'origine remonterait à une simple dispute entre adolescents lors du carnaval de San Luca, bourgade calabraise de 4.000 habitants, aurait déjà fait 21 victimes. La violence connaît même un nouveau tournant lorsque la femme du parrain Giovanni Nirta, Maria Strangio, 33 ans, est assassinée le jour de Noël 2006. D'après le ministre de l'intérieur italien, Giuliano Amato, cet attentat serait le premier de cet ampleur perpétré à l'étranger par la mafia calabraise. Fin 2004 et début 2005, une tentative de sécession à l’intérieur du clan de Paolo Di Lauro a déclenché, dans les quartiers Scampia et Secondigliano, un conflit meurtrier qui fit 134 morts[]. Fin octobre 2006, une vague de crimes fit dix-huit morts. Ces crimes résulteraient d’une modification des équilibres dans l’aire napolitaine, avec la constitution de deux cartels : les clans Misso-Mazzarella-Sarno contre l’alliance de Secondigliano (Di Lauro, Licciardi)

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