A) Les mafias italiennes

A)          Les mafias italiennes :

 

La base de l’économie mafieuse se situe dans le système de collecte du « pizzo » : les mafieux imposent aux commerçants des revenus en échange d’une « protection » mais aussi sous peine de voir leurs vitrines brisées et leurs marchandises disparues ou brûlées. Bien qu’elle soit l’une des techniques les plus importantes en matière d’économie mafieuse, les revenus ont des centaines d’origines différentes. Il faut d’abord préciser que l’économie mafieuse se divise en trois parties : l’économie illégale, légale et légale-mafieuse. Ces trois circuits sont intimement liés. Ainsi, par exemple, les revenus de l’économie illégale permettent de créer de nouvelles entreprises cette fois-ci totalement légales. De même la production peut être légale mais la vente illégale et inversement.

Ce sont ces liens étroits qui posent les difficultés énormes qu’affronte le gouvernement italien pour débusquer les entreprises mafieuses, notamment en vérifiant les mouvements et les dépôts bancaires ou les appels d’offre. Le recyclage d’argent sale est une activité à part entière. On connaît les grandes filières classiques des trafics illégaux : drogues, armes, œuvres d’art volées. Mais nous avons aussi à faire à des affaires moins connues telles que le trafic de déchets industriels, la fraude aux subventions alimentaires, les grands travaux d’infrastructure et ainsi de suite. La liste des secteurs est longue voire illimitée. Cela va du proxénétisme aux contrôles des casinos, de la fausse monnaie au trafic d’êtres humains mais aussi plus récemment de la cybercriminalité (piratage et détournement de fonds sur Internet). Tous ces réseaux se sont bien évidemment étendus aujourd’hui au niveau international et même planétaire.

Le chiffre d'affaires des organisations mafieuses italiennes s'élevait à 90 milliards d'euros, hors trafic de drogue. Principales sources de revenus : le prêt usuraire (30 milliards d'euros de recettes, 150 000 entreprises victimes), le racket (10 milliards), les contrefaçons (7,4 milliards), le vol (7 milliards), l'escroquerie (4,6 milliards). (Source : Confesercenti, association regroupant 270 000 commerçants et petites entreprises italiennes).En Sicile, la Cosa Nostra est présente dans les champs d'activités suivants :

-Trafic de narcotiques

-Interventions illicites dans les adjudications des travaux publics et de construction

-Racket et extorsion de fonds auprès des commerçants ou des entreprises,

-Escroqueries sur les marchés du vin, de la pêche, des agrumes à travers les aides communautaires

-Trafic de carte bancaire. Pour les extorsions, la Mafia n'épargne pas les grandes entreprises italiennes, en particulier celles engagées dans les grands travaux publics comme Italcementi (ciment), Impregilo (numéro un italien du BTP). Ces firmes préfèrent pactiser plutôt que de dénoncer les chantages dont elles font l'objet (Rapport 2007, "SOS Entreprises", Confesercenti)La Camorra est présente dans tous les secteurs de l’économie régionale napolitaine. Ses clans gèrent des trafics divers, la prostitution et les extorsions de fonds. []Ils sont également présents dans les offres publiques de chantiers, les adjudications et les activités liées à la dépense publique. Le chef de la protection civile a ainsi reconnu qu’« en matière de gestion des déchets, la seule réalité gagnante est celle de la Camorra ».[]Ces activités sont très nombreuses :

 

1.      Extorsion : Les autorités estiment que la Camorra reçoit de l’argent de la part de toutes les industries et entreprises de Naples et de ses environs sous forme d'un impôt appelé le « pizzo ». De plus, elle a investi dans des activités légales et contrôle totalement le commerce local des fleurs, de la viande[].

2.     Contrebande[]: contrebande d’objets volés, ou de contrefaçon. Le trafic de cigarettes, quasiment disparu depuis près de 20 ans, est réapparu après les hausses des prix du tabac en Europe. Trafic de déchets: la Camorra détient le monopole du ramassage des ordures en Campanie, et contrôle de nombreuses décharges. Leur fermeture progressive ainsi que la présence de déchets illégalement enfouis dans les sols sont en partie à l'origine de l'actuelle crise des déchets dans la région de Naples. La gestion des ordures est d'ailleurs gérée par état d'urgence depuis 1994.[]

3.    Trafic de drogue: en provenance du Maghreb (cannabis), de la Turquie (héroïne, opium) et des pays d’Amérique du Sud (cocaïne), mais principalement le cannabis[]. Le trafic de drogue rapporterait 500 000 dollars par jour[] à la Camorra. Fraudes aux subventions européennes : toutes les mafias italiennes, la Camorra en particulier, détournent les subventions européennes. Jeux clandestins: ancienne activité. Production de béton en Campanie : après le tremblement de terre de 1980, la Camorra a détourné des millions (en provenance de l'UE essentiellement) grâce aux contrats de reconstruction.

 

 

La mafia calabraise ne travaille pas de la même manière que son équivalent sicilien. Cette dernière s'implique dans un grand nombre de trafics alors que la 'NDrangheta se concentre essentiellement dans sa région en ce qui concerne le domaine financier. Cela ne l'empêche pas, toutefois, de tisser des liens internationaux, en particulier dans le trafic de stupéfiants avec la Turquie, la Colombie, le Mexique et même la Chine pour faciliter l'importation de narcotiques provenant du Triangle d'or. Dès 1970, la 'Ndrangheta importe des stupéfiants en provenance du Maroc. En 1994, la police intercepte 11 tonnes de cocaïne colombienne. La 'Ndrangheta fait pression sur toutes les entreprises de la région de Calabre pour les empêcher de s'enrichir et garder le pouvoir. Les clans taxent les entrepreneurs jusqu'à la faillite. Le racket, les affaires financières douteuses et le blanchiment d'argent constituent ainsi l'essentiel de ses activités. Elle opère également au niveau des subventions européennes en détournant des fonds pour l'agriculture. Le Centro Studi Investimento Sociale, après une étude, a constaté que l'organisation avait détourné plusieurs centaines de millions d'euros dans le domaine agricole.

On recense actuellement 150 clans appelés aussi « N'drini » qui regroupent plus de 6 000 hommes. Chaque groupe est nommé selon son village ou le chef de la famille. Les réunions de la 'Ndrangheta se font dans un dialecte calabrais et suivent un certain rituel avec des allusions à la loyauté et une apologie de la violence. L'organisation calabraise travaille très discrètement. Pour en devenir membre, il faut être né d'une famille de la 'Ndrangheta. [

 

 

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